XXI + 3

Posted on 3 juillet 2008

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L’opus 3 estival parait aujourd’hui même 3 juillet.  WebOL en fait promotion sans gêne au point de copier-coller contre l’habitude un large extrait de l’éditorial n°2, pour souligner toute l’importance de dire le monde.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry écrivaient ceci pour ouvrir l’opus printanier :

« Voilà le numéro 2 de XXI. Et déjà tout est différent. Parce que vous êtes là. Vous avez été plus de quarante-cinq mille à acheter le premier numéro et à le recommander autour de vous. Le bouche à oreille a été notre meilleur relais. Merci à vous.

Beaucoup d’entre vous se sont d’abord rendus dans les kiosques, où XXI n’était pas en vente. Certains ont harcelé leur maison de la presse ou leur libraire de quartier pour qu’ils s’approvisionnent. Notre boîte aux lettres et nos boîtes mails ont débordé de vos messages, de vos réactions et de vos enthousiasmes. Vous êtes étonnants : le même jour, nous avons reçu un bulletin d’abonnement d’une jeune fille de 19 ans et celui d’un retraité de 75 ans. Merci à vous.

XXI n’aurait pu exister sans la mobilisation d’une multitude d’énergies individuelles, qui se sont ajoutées et multipliées, des auteurs et des illustrateurs jusqu’aux libraires… Tous ont cru à cet ovni éditorial, dont ils ont souvent été les premiers lecteurs. Ce n’était pas évident, tant l’époque conduit à toujours plus de zapping, de people, d’écume. Les libraires ont su nous accompagner à contre-courant. Merci à eux.

Oui, tout est différent.

Vous nous offrez une chance rare. Nous avons dessiné un journal, vous l’avez fait vôtre. Grâce à vous, l’horizon de XXI s’élargit. Ceux qui ont eu la chance de voyager dans le grand Nord ont déjà vécu cette expérience. Avec la transparence de l’air, l’œil perçoit soudain des montagnes éloignées et les couleurs sont accrues. Voilà ce que nous ressentons : votre présence nous permet de voir plus loin.

Tout reste à inventer et à construire ensemble. Ce numéro de printemps explore des champs nouveaux, comme l’économie, la science ou les idées. Sur une carte du monde, nous pourrions piquer une trentaine de têtes d’épingle pour symboliser les lieux où les auteurs de XXI se sont rendus pour vous.

Le journalisme n’est pas une affaire de kilomètres, plutôt de regard et de curiosité. Marcel Mochet est allé au bout du quai ; il a embarqué pendant des mois sur les chalutiers de haute mer et ses photos gravent en nous la réalité humaine du métier de pêcheur.

Pour entraîner le lecteur avec soi, il faut trouver le fil. En déroulant la saga de la maison Picchetti et Fils, Ariane Chemin raconte la Corse avec ce sens du détail juste qui fait les vrais reportages. Maria Malagardis a choisi de nous faire entrer dans la vie de ceux qui pistent les tueurs rwandais et aussitôt le génocide tutsi prend chair. En évoquant Cuba à travers l’affrontement d’un père et d’un fils, Jacques et Pierre Ferrandez restituent la vérité d’une île, par le dessin, les choses vues et les dialogues. La force du réel est impressionnante.

Envoyé spécial en Afrique pendant vingt ans, le grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski affirmait que le journalisme devait «construire une image globale à partir de détails». Il expliquait : «Parfois en décrivant ce que je fais, j’ai recours à l’expression latine “silva rerum”, une “forêt de choses”. C’est mon univers, une forêt de choses, et je vis en voyageant dedans. Pour comprendre le monde, il faut le pénétrer aussi profondément que possible.» (…) »

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