Chansons

Posted on 13 janvier 2009

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Les plus intenses mots n’ont que faire d’un accompagnement. Les plus denses notes vivent sans commentaires.

Mais il est quelques points de rencontre, rares, faisant mentir l’assertion péremptoire. Mon Enfance et Pierre de Barbara, Le Plat Pays de Jacques Brel (@WebOL),  Robert le Diable et Les Poètes de Jean Ferrat/Louis Aragon, The Dangling Conversation et A Poem on the Underground Wall de Simon & Garfunkel sont de ces bijoux-là qui brûlent et brillent et réchauffent ; la chanson est art le plus incandescent.

« Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l’aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m’habite et qui m’obsède

Celui qui chante se torture
Quels cris en moi quel animal
Je tue ou quelle créature
Au nom du bien au nom du mal
Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d’Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s’assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines
Au-dessus des toits des collines
Un plain-chant monte à gorge pleine
Est-ce vers l’étoile Hölderlin
Est-ce vers l’étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne
Non pour Faust mais pour y mourir
Entre les tueurs qui te cernent
De leurs poignards et de leurs rires
A la lueur d’une lanterne

Étoiles poussières de flammes
En août qui tombez sur le sol
Tout le ciel cette nuit proclame
L’hécatombe des rossignols
Mais que sait l’univers du drame

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L’homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l’aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m’habite et qui m’obsède.
 »
(Louis Aragon & Jean Ferrat, Les Poètes).

Il suffit d’écouter et, parfois, prendre ses propres mots pour dire autre chose.

Posted in: Littérature, Musique