Franz Schubert

Posted on 16 avril 2009

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Personne d’autres sinon Mahler ne marie langue, mélodie et harmonie à ce niveau d’ensorcellement. Ils ont tous deux ceci de génial qu’ils trouvent une forme pour parler des pires drames, pour les sublimer et pour hypnotiser l’amateur de notes et de mots.

Exception, Ständchen (Sérénade, D920) est comme apaisé, un rien mélancolique mais sans la noirceur de nombre d’autres chefs-d’oeuvre :

Zögernd, leise,
In des Dunkels nächt’ger Hülle
Sind wir hier.
Und den Finger sanft gekrümmt,
Leise, leise,
Pochen wir
An des Liebchens Kammerthür.

Doch nun steigend,
Schwellend, hebend,
Mit vereinter Stimme, laut
Rufen aus wir hochvertraut:
Schlaf du nicht,
Wenn der Neigung Stimme spricht!

Sucht’ ein Weiser nah und ferne
Menschen einst mit der Laterne;
Wie viel seltner dann als Gold,
Menschen uns geneigt und hold?
Drum, wenn Freundschaft, Liebe spricht,
Freundin, Liebchen, schlaf du nicht!

Aber was in allen Reichen
Wär’ dem Schlummer zu vergleichen?
Drum statt Worten und statt Gaben
Sollst du nun auch Ruhe haben.
Noch ein Grüßchen, noch ein Wort,
Es verstummt die frohe Weise,
Leise, leise,
Schleichen wir uns wieder fort!

(Franz Grillparzer + Franz Schubert)

Chut : juste notes & paroles pour les lecteurs de portées (with english translation if needed). Chut, quelque chose comme une déclaration d’amour à la langue allemande.

A la seconde minute ici, le « Sucht’ ein Weiser nah und ferne » de relance du choeur polyphonique coupe le souffle ; un canon d’une explosion de Ré, puis d’un bref  Do dièse qui fait courir toutes les oreilles qui guettent la soliste (alto) d’un La lumineux. Peut-on ensuite dormir sinon apaisé ? A condition de tout réécouter une fois encore, si le risque n’était de continuer l’écoute pour les Lieder avec un accompagnement plus fourni que le piano : par exemple, Gesang der Geister über den Wassern (D714).

& :
Schubert Autographen (manuscrits), Neue Schubert Ausgabe (nouvelle édition).
– @musicOL : Listening Writing qui se conclut par An die Musik, Stravinsky de feu, l’oiseleur Messiaen, la Passion intense de Bach, etc.
– @ecritOL : Lumières & Sons.

(Zur Erinnerung an eine Mahlzeit am Abend mit Elektra und ihrem Kaninchen).

Posted in: Littérature, Musique