Geister der Musik u. der Literatur

Posted on 8 mai 2009

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Certains lieder ou mélodies sont plus beaux que leur texte dont ils comme embellissent le style, qu’ils transfigurent ; d’autres parviennent à être à la hauteur, la musicalité de l’un se nourrissant de celle de l’autre. Parfois, le texte littéraire a son rythme et ses sonorités propres que la musique magnifie, chacun contribuant au chef-d’œuvre comme la meilleure des recettes culinaires. Rien n’indique que seule la musique dite classique puisse toucher cette grâce, parvienne  à cet alliage des notes et des mots qui fonde aussi les plus grandes chansons.

Invitons-nous, par exemple, à la rencontre de Goethe et de Schubert : Gesang der Geister über den Wassern (Chant des esprits sur l’eau, D714), dont l‘illustration YouTube n’est, elle, pas au niveau mais elle offre du moins une traduction anglaise.

Menschen Seele
Gleicht dem Wasser:
Vom Himmel kommt es,
Zum Himmel steigt es,
Und wieder nieder
Zur Erde muß es,
Ewig wechselnd.

Strömt von der hohen,
Steilen Felswand
Der reine Strahl,
Dann stäubt er lieblich
In Wolkenwellen
Zum glatten Fels,
Und leicht empfangen,
Wallt er verschleiernd,
Leisrauschend
Zur Tiefe nieder.

Ragen Klippen
Dem Sturz entgegen,
Schäumt er unmutig
Stufenweise
Zum Abgrund.

Im flachen Bette
Schleicht er das Wiesental hin,
Und in dem glatten See
Weiden ihr Antlitz
Alle Gestirne.

Wind ist der Welle
Lieblicher Buhler;
Wind mischt vom Grund aus
Schäumende Wogen.

Seele des Menschen,
Wie gleichst du dem Wasser!
Schicksal des Menschen,
Wie gleichst du dem Wind!

(Franz Schubert + Johannes von Goethe).

Comme le souligne Elektra en aparté un soir de partage puis par électrons en puissance 10, le début de la seconde strophe a des harmonies du XXe siècle, ce quelque chose qui peut appeler dans l’oreille intérieure Poulenc ou Bartok. Pour d’autres lieder, tel Ständchen (Sérénade, D920) il y a comme une fugue au début de la seconde strophe ou comme Das Grab (La tombe, D569) où avancent les accords dans l’écriture verticale d’un choral à la JSB.

Un autre chef-d’oeuvre des mêmes Esprits (Geister) ? Der Erlkönig (Le Roi des Aulnes, D328) par Dietrich Fischer-Dieskau…

Posted in: Littérature, Musique