Harmonies 2012

Posted on 4 janvier 2012

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L’entame du nouveau trimestre allongé jusqu’à Pâques est si alléchant que ce nouveau billet en retient le programme, proposant aux commensaux des pupitres Impromptu quelques moyens pour visualiser la musique. Tout y est : mélodie, rythme et, par dessous tout, harmonie :

Dimitri Chostakovitch, Concerto pour piano n°2 (sublime à déchiffrer comme à travailler, l’on y retrouve les teintes de Chosta). Le premier mouvement est ici joué par le jeune Juan Pérez Floristán avec l’orchestre de la RTVE ; le second mouvement par les mêmes est directement à pointer, pour sa couleur tout en modulation mais aussi pour le passage stupéfiant durant lequel la main gauche est en binaire, la main droite est en ternaire tandis que les cordes sont en pizzicati. L’on a beau écouter de multiples versions en ligne ou en disque, qui soient plus ou moins bien enregistrées, cette version-ci par le fils et le petit-fils ressort qui ne soit ni maniérée ni plate même si, honnêtement, celle-là avec le jeune pianiste se révèle tout simplement excellente à force d’écoute : le second mouvement, le troisième mouvement qui devrait enchaîner selon la partition. En disque ? Celle du compositeur lui-même au clavier, accompagné par André Cluytens, est hypnotisante d’intensité quand bien même il puisse avoir une certaine raideur du fait, parait-il, du développement de son infirmité à l’une des mains.
Nino Rota, Concerto pour basson (l’on choisirait la partition uniquement pour l’instrument soliste), avec de magnifiques chants en harmonieux frottements disharmoniques. La pièce est découpée en deux sur YouTube (et en mille pour la qualité du son, mais bon passons tant pis pour le basson) : 1/2 et 2/2.
Darius Milhaud, Scaramouche (une sorte de concerto pour saxophone, oeuvre d’un compositeur français mal connu).
Alfredo Marquez, Danzon 2 (comme une danse pour orchestre) : la version de l’Orchestre des Jeunes du Venezuela, celle des Berliner Philharmoniker sous la baguette du même Gustavo Dudamel. La qualité sonore de l’enregistrement pour cette dernière est exécrable, mais l’oreille ne peut que sentir cette lente montée d’intensité, pétrie de subtilité de timbres, qui est un vrai choix d’interprétation, grâce à un orchestre suivant les intentions du chef, qui sait ce qu’il veut ; la première est plus égale en termes de couleurs et de dynamique, parfois un peu raide mais que l’on n’oserait tout de même taxer de scolaire. D’ailleurs, le chef n’écoute et ne dirige pas les deux orchestres de la même manière -cela se voit- : plus dirigiste avec les premiers, plus dialoguant avec les seconds.

(Merci à GO et clin des clics aux I.).

& :
– Our Side Story | Romeo & Juliette Prokofiev (chez MusicOL).
– Twitter/webol/sound-matters.

C’est affaire de corps pour sûr, de souffle et d’yeux, de doigts et de bras et de dos, de ventre.

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