Tchaïkovsky en mots

Posted on 2 avril 2012

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Les plus grands savent transformer la voix en voix parmi les instruments, utilisant la langue comme timbre et sa beauté comme une musique. Il est souvent ici cité l’allemand chez Schubert et Mahler ; et le russe chez Tchaïkovsky ?

Il faut, ou il ne suffit que d’écouter le début d’Eugène Oneguine (à l’opéra Bastille, sous la baguette de Vlasimir Jurowski) qui a tout de la musique : la flûte parle avec la harpe qu’annonce la clarinette, les pizzicati des cordes et les voix sont des voix d’orchestre. Les syllabes semblent contrapuntiques, et puis le fagott s’achève en violoncelles et contrebasses. Il ne manquerait que la compréhension du texte, quoiqu’elle puisse être surprenante, comme étourdissante chez Mozart qui offre un air à faire trembler les poils simplement parce que qu’une simple pince à cheveux est perdue (au Metropolitan de New York, sous la baguette de James Levine), soit l’air de Barbarina dans les Noces de Figaro.

Il serait faux de penser que le sens n’a pas de portée, car il suffirait de réécouter les lieder de Schubert ou, autre passion, Bach dans sa cantate Brich dem Hungrigen dein Brot (BWV 39, dans la version de Gustav Leonhard) : l’on ne sait si les mots sont composés pour les notes, ou l’inverse. Que cela soit le levain par excellence de l’écriture.

& :
Musique, voilà | Schubert ? | Mahler ?
Listening Writing | Gustav Leonhardt.

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