Tchaïkovsky en mots

Les plus grands savent transformer la voix en voix parmi les instruments, utilisant la langue comme timbre et sa beauté comme une musique. Il est souvent ici cité l’allemand chez Schubert et Mahler ; et le russe chez Tchaïkovsky ?

Il faut, ou il ne suffit que d’écouter le début d’Eugène Oneguine (à l’opéra Bastille, sous la baguette de Vlasimir Jurowski) qui a tout de la musique : la flûte parle avec la harpe qu’annonce la clarinette, les pizzicati des cordes et les voix sont des voix d’orchestre. Les syllabes semblent contrapuntiques, et puis le fagott s’achève en violoncelles et contrebasses. Il ne manquerait que la compréhension du texte, quoiqu’elle puisse être surprenante, comme étourdissante chez Mozart qui offre un air à faire trembler les poils simplement parce que qu’une simple pince à cheveux est perdue (au Metropolitan de New York, sous la baguette de James Levine), soit l’air de Barbarina dans les Noces de Figaro.

Il serait faux de penser que le sens n’a pas de portée, car il suffirait de réécouter les lieder de Schubert ou, autre passion, Bach dans sa cantate Brich dem Hungrigen dein Brot (BWV 39, dans la version de Gustav Leonhard) : l’on ne sait si les mots sont composés pour les notes, ou l’inverse. Que cela soit le levain par excellence de l’écriture.

& :
Musique, voilà | Schubert ? | Mahler ?
Listening Writing | Gustav Leonhardt.

2 réflexions sur “Tchaïkovsky en mots

  1. Bertrand dit :

    Un mien beau-frère à moi, par ailleurs bassoniste dans ledit Orchestre de l’Opéra de Paris, ne manquerait pas de s’étrangler au lu du terme « fagott ». «Que s’en contentent les phalanges teutonnes. Nous, c’est du basson que nous jouons.»
    Pour ce qui est de la langue russe comme timbre auquel j’adhère et comme beauté qui m’inonde, sache que tu ne crois pas – en ce qui me concerne – si bien dire.
    Bertrand

  2. Le terme de basson est approprié, Comparse Bertrand, pour l’écoute de l’extrait YouTube puisque cela se passait dans une fosse parisienne, à Bastille plus précisément. Celui de fagott chantait lui aux oreilles, commandant les doigts ; ma discothèque n’est pas franchouillarde et donc, pour être plus explicite, j’entendais en écrivant un fagott et non un basson.

    Et un fagott n’est pas qu’allemand, il est, si tant est que je le sache, de partout sauf de France, sauf que, n’en déplaise à la famille, nombre de musiciens hexagonaux jouent en fait du fagott, qui n’est pas le même instrument : pas le même timbre car un bois différent, une perce différente et parait-il des clés différentes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s