Musique sans image

Les musiques de film sont parfois meilleures que les films eux-mêmes, parfois trop bavardes en paraphrasant les gestes et les situations sur l’écran. En une rencontre de chefs-d’œuvre, l’on pourrait se souvenir de la bataille des chevaliers Teutoniques, dans Alexandre Nevski (Александр Ярославич Невский) de Eisenstein, pour laquelle Serguei Prokofiev opta pour une berceuse.

John Williams, lui, est un compositeur expert ; jouer sa partition fait parfois penser à Poulenc, à Chostakovitch. Son art de l’écriture est indéniable, pour lequel fermer les yeux ou faire courir les doigts est un gain.

– La liste de Schindler : ici au prisme de l’intensité du concert sous la baguette du compositeur, avec des commentaires de cet immense violoniste sur la sensibilité du son du dit compositeur (« I couldn’t believe how authentic he got everything to sound  » dit Itzhak Perlman, mais quoi donc : de la musique vaguement yiddish ? Du violon ?) ; là,  la version de la Bande Originale.
Star Wars (Main Theme)  | Star Wars (Princess Leia’s Theme) – (JW dirigeant).
Star Wars (Main Title ) | Star Wars (Imperial March) (Prague Film Orchestra).
Star Wars (Princess Leia’s Theme & Imperial March) (Wiener Philharmoniker).
Star Wars (Yoda’s Theme).

En prime,
Out of Africa theme de John Barry.
Spider-Man soundtrack.

En fait, la musique vit d’images, celles que l’on peut préférer cultiver par devers soi. Certes, l’on discutera de ce qu’il faudrait tenir compte de la volonté du compositeur d’accompagner un film, mais l’auditeur n’est pas prisonnier de ses intentions. L’opéra, comme art total ? C’est une autre affaire.

(Merci à MR et clin des clics aux I. : Our Side Story, Harmonies 2012, Roméo & Juliette Prokofiev).

2 réflexions sur “Musique sans image

  1. Théophile dit :

    La musique vit en effet d’image, et, dans beaucoup de cas, n’est pas compréhensible si l’on n’imagine pas le décor dans lequel elle évolue. A l’inverse, l’image ne peut retransmettre la totalité d’une scène, et en cela use de la musique. Si on filme par exemple un homme assis dans une salle. La scène seule peut vouloir dire plusieurs choses. Mais, en fonction de la musique qui l’accompagnera, on saura si on se trouve dans une atmosphère drôle, tendue, d’horreur ou de féerie.

    D’ailleurs, à partir du XIXème siècle, on créa le poème symphonique. Cette forme a pour particularité de stimuler l’imaginaire, et la musique peut ainsi nous faire voyager à travers maintes dimensions. Cet impressionnisme musical nécessite toutefois que l’auditeur ait une connaissance du sujet traité par le compositeur, et surtout, une capacité de rêve ou d’imagination bien développée.

    C’est à cause de ce dernier point que beaucoup préfèrent ne pas avoir à trop se creuser la tête sur le sens de la musique, et aiment à se reposer sur les images, ou les acteurs, qui représentent pour eux tout ce que la musique leur laissait la liberté d’imaginer comme bon leur semblait. La preuve en est, qu’à se chanter la musique de John Williams, On revoit les images du film. Serait-on capable d’entendre la musique juste en voyant les images ?

    Et lorsqu’on entend les notes de l’harmonica dans les films de Sergio Leone, La musique de Ennio Morricone n’est-elle pas juste là pour nous donner une atmosphère qui laisse tant le place à l’imaginaire ?

    L’opéra n’est donc pour moi qu’un surplus d’information qui charge la musique et de mots et de gestes qu’on est tout à fait capable de saisir sans les voir ou les entendre.

    Et si l’art total tendrait à être l’opéra, il me semble plus judicieux d’y apposer la comédie musicale, qui est plus riche au niveau du mélange des arts comme des styles.

  2. WebOL dit :

    Je me retrouve, Théophile, dans nombre d’idées exposées, que nous développerons je gage au pied des pupitres.

    Revient à l’esprit un cas de décalage suggestif entre l’image et le son. Pour Alexandre Nevski d’Eisenstein, Prokofiev a composé une musique autonome qui accompagne la bataille des Chevaliers Teutoniques sur le lac Néva (aujourd’hui Peipus ou Pelpus, à la frontière entre l’Estonie et la Russie) ; du grand art à faire rencontrer deux discours qui ne se paraphrasent pas mais se complètent.

    Voir aux environs de la 7e minute de cet extrait (via DailyMotion).

    MusicOL.

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